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FESTIVALS D’ILE-DE-FRANCE

Les pratiques artistiques trop souvent négligées par les musées se fraient naturellement d’autres chemins, dont les festivals sont des composantes essentielles. On en dénombre aisément plus d’une douzaine, ne serait-ce qu’en Île-de-France, à être dédiés aux nouveaux médias. Retour sur une année de festivals incluant les dernières éditions d’Art Outsiders, Visionsonic, Atopic, Exit, Némo, Vision'R, Bains Numériques et Mal aux Pixels.

imgArt Outsiders

Natures sp

Howard Boland
et Laura Cinti,
“The Martian Rose”,
2007-2009.


imgLa rentrée des festivals, depuis une dizaine d’années, se fait en septembre avec Art Outsiders, à Maison Européenne de la Photographie. L’exposition de l’édition 2009, placée sous la responsabilité de Jean-Luc Soret, co-fondateur de l’événement et d’Annick Bureaud, théoricienne de l’art, réunissait des propositions évoquant un “art en environnement extrême”. Une rose y est exposée, mais celle-ci a été soumise pendant quelques heures, en laboratoire, à une atmosphère martienne reconstituée par les artistes et co-fondateur du C-Lab Howard Boland et Laura Cinti. La température est descendue à -60°, la pression atmosphérique a été résolument diminuée tandis que la quantité de dioxyde de carbone a été singulièrement augmentée, sans oublier les rayonnements UV que rien n’a filtré ni atténué. La fleur a donc fané prématurément dans son cylindre d’acier qui confère une part de scientifique à cette performance artistique. Un acte désespéré au romantisme exacerbé que d’offrir une fleur à la planète rouge “(in)habitable” qui n’en portera jamais, si ce n’est dans les livres ou les films d’une science fiction dont les auteurs se sont saisis.

imgVisionsonic

Tvestroy sp Transforma, “Transforma”, 2009.


imgEn octobre 2009, c’était au Centre Rébérioux de Créteil qu’il fallait se rendre pour assister au festival Visionsonic. Ses directeurs artistiques, Robin K. et Yroyto, proposaient plusieurs performances audiovisuelles dont celle des membres du collectif berlinois Transforma. Ces derniers renouent avec l’art vidéo des origines consistant à filmer des performances d’atelier. Les séquences préalablement acquises sont montées avant d’être sonorisées et projetées en temps réel. La relation entre le son et l’image y est inévitablement privilégiée, mais c’est l’univers de Transforma qui est quelque peu singulier. Un monde d’obscurité où l’anonymat est de rigueur, fait d’objets d’acier ou de verre en tout genres que des néons révèlent progressivement. Un univers étonnamment proche de celui d’Yroyto qui, lui aussi, manipule souvent objets et lumières en temps réel pendant ses performances. De cette rencontre est née une collaboration entre les membres du collectifs berlinois et Yroyto qui ont, par la suite, conçu une étrange performance intitulée “Asynthome” pendant laquelle ils réalisent de “petites expériences audiovisuelles” au suspens étiré.

imgAtopic

Tvestroy sp Berardo Carboni,
“Vola Vola”, 2009.


imgLe temps fort du premier festival Atopic, initié par Margherita Balzerani et dédié, entre autres, aux Machinimas, se déroulait à la Géode en novembre 2009. Diffusées sur Internet, les Machinimas sont des courts métrages d’animation réalisés à l’aide de moteurs 3D de jeux vidéo. Projeté en avant-première internationale, le film proposé est le premier long métrage de l’histoire du Machinima. Intitulé “VolaVola”, il a été réalisé par Bernardo Carboni dans Second Life. La création de pages MySpace et Facebook a grandement facilité la production de ce film “tourné” en seulement six mois. Les acteurs, localisés en divers endroits du monde, se retrouvent au sein de décors virtuels pour contrôler leurs avatars. S’en est donc fini des camions noirs et des tentes blanches comme des coûts de production exorbitants ! Quant au film, il s’agit d’une tranche de vie de personnages presque ordinaires. On oublie très vite l’esthétique de Second Life pour les découvrir, les apprécier. Les voix qui incarnent les avatars, dont on oublie aussi les gestes parfois “étranges” car le contrôle de personnages 3D dans Second Life est hasardeux, sont celles de véritables acteurs et le Trailer, diffusé sur Youtube, n’a rien à envier à Hollywood !

imgExit

Natures sp

Grégory Chatonsky,
“Dance with US”, 2008.


imgLes festivals d’art numérique font comme une trêve hivernale et reprennent généralement en mars avec Exit, à la Maison des Arts de Créteil. Charles Carcopino, pour cette édition 2010, a regroupé une vingtaine d’œuvres sous la thématique “Dancing Machine”. L’artiste Grégory Chatonsky, qui partage son temps entre Montréal et Paris, y présente une installation vidéo intitulée “Dance With US”, de 2008, où l’on découvre Fred Astaire dont la fluidité des mouvements est relative aux fluctuations du Nasdaq. La lecture de cette séquence vidéo, provenant du film “Shall We Dance” de 1937 où le danseur est confronté aux battements d’une puissante machine à vapeur, est contrôlée, via l’Internet, par les valeurs de l’indice boursier américain en temps réel. C’est par conséquent sur leurs variations que Fred Astaire évolue. Plus elles sont importantes plus il s’exprime à l’image des investisseurs de Edge Funds qui n’apprécient guère la stabilité d’une économie, synonyme d’ennui, de morosité, alors qu’une crise et ses fluctuations représentent d’impressionnants bénéfices.

imgNémo

Natures sp

Cécile Babiole,
Jean-Michel Dumas
et Vincent Goudard,
“Donjon”, 2009.


imgEn avril 2010, c’est au Centquatre que se déroule le festival Némo. Dans la salle 400, Cecile Babiole, accompagnée de Vincent Goudard, donne la performance “Donjon” qui sera aussi présentée quelques jours plus tard au Cube d’Issy-les-Moulineaux. Les deux performers font face à la projection et contrôlent sons et images depuis leurs interfaces matérielles dont l’esthétique évoque les bornes d’arcade des années 80. Une multitude d’objets 3D, préalablement collectés sur Internet, sont littéralement martyrisés par les deux maîtres de cérémonie. Provenant du monde de l’informatique, de la Hifi ou des sports mécaniques, ces mêmes objets 3D, en mode filaires, sont constitués de peu de polygones. On pense alors inévitablement au film américain Tron réalisé par Steven Lisberger. Cécile Babiole de nous préciser : « Moi, je suis une fille des années 80 ». Les scènes se succèdent mais les objets, toujours, se disloquent en des parties qui semblent s’affranchir partiellement d’un tout, durant le temps de leur inexorable déconstruction.

imgVision'R

img sp

Flavien Théry,
“Des nouvelles du jour”, 2010.


imgLa cinquième édition du festival de VJing Vision’R, en mai dernier, s’est installé en divers endroits de la ville de Paris pendant que la galerie Ars Longa, partenaire de l’événement, présentait “Des nouvelles du jour” de Flavien Théry. Une sorte de vitrail constitué d’écrans LCD, à l’entrée de l’exposition, filtre la lumière. Il est connecté à l’Internet et les tâches colorées qui laissent entrevoir des fragments de réel ne sont autres que des actualités. Des informations qui modifient notre perception du monde. Et puis il y a cet autre écran LCD “préparé” par l’artiste lui-même et nommé “La part de l’ombre (N °4)” qui émet une lumière blanche dont Flavien Théry nous rappelle qu’elle « contient en elle-même toutes les couleurs et,  ainsi, toutes les images potentielles ». Mais c’est le sol qu’il faut observer pour découvrir d’autres tâches de couleurs car il a absorbé les rayons ordinaires pour ne refléter que ceux que les scientifiques qualifient “d’extraordinaires”. Ou quand la science n’est que pure poésie.

imgBains Numériques

Natures sp

David Guez,
“Radio 2067”,
2010.


imgEn juin 2010, c’est au tour du Centre des Arts d’investir la ville d’Enghien-les-Bains avec la cinquième édition du festival Bains Numériques. Comme tous les ans, l’événement regroupe installations, performances et conférences. Cette année, il a été augmenté d’un Village Numérique où David Guez présente la dernière pièce de sa série “2067 Telecom” sur le stand Digitalarti. Le précédent item de la série, “Email 2067”, permet d’envoyer un Email vers le futur à un destinataire qui reçoit alors un message l’informant que le réseau retient ce courrier jusqu’à une date choisie par l’émetteur. Quant au poste de radio modifié par l’artiste et présenté sur les bords du lac d’Enghien, il permet d’écouter les sons qui proviennent du passé. Car la ligne des fréquences de “Radio 2067” a été remplacée par une ligne temporelle autorisant l’écoute de quelques émissions, musiques, informations ou discours historiques. Et c’est avec impatience que nous attendons le prochain dispositif de la série “2067 Telecom” car ”Téléphone 2067“ pourrait nous permettre de déposer des messages vocaux, de nouveau vers le futur, sur les réseaux de télécommunication.

imgMal au Pixel

Natures sp

Gaël Angelis,
“Voices”, 2010,
Source Maria Spera.


imgToujours en juin, c’est à la galerie Ars Longa que l’on retourne car elle est aussi partenaire du festival Mal au Pixel avec son exposition ”Circle Makers”. Il y a, à l’entrée de cette même exposition, une installation sonore réalisée par Gaël Angelis. Les cinq sculptures qui composent ”Voices” ont les allures de phonographes dont les disques sont en carte à gratter. Ainsi, les aiguilles gravent les sons mêmes qu’elles interprètent. Et c’est la répétition de ces boucles sonores qui leur confère une certaine musicalité. Les cinq instruments tournent à la même vitesse, à raison de 33 tours par minute, approximativement. Ainsi, ce qui se joue dans le temps d’un archivage éphémère est des plus répétitif et l’on voit, au travers de traces circulaires blanches, ce que l’on entend. Ou quand l’incessante répétition des boucles audio et visuelles modifie quelque peu nos états de conscience, à l’heure où toutes les musiques ou presque, se sont dématérialisées.

Article rédigé par Dominique Moulon pour Images Magazine, septembre 2010.